Vipassana à Lumbini

Je tiens aussi à souligner que les douleurs physiques, la fatigue, la concentration excessive demandée, …

Ne sont qu’un processus complètement sain et non tyrannique, qui, malgré l’ignorance de l’esprit (vous pourrez le constater directement dans mes écrits au jour le jour), n’est qu’une méthode efficace pour en venir à une parfaite focalisation sur soi même et sur la vie que l’on mène.

 

Enfin, il est nécessaire de rappeler que chaque intervenant s’engage à respecter quelques règles indispensables tout au long du séjour,

Soit, que chacun sait à quoi t’attendre, après avoir lu et relu la charte de conduite disponible sur le site internet « vipassana » et qu’il est pleinement conscient, qu’il sera coupé du monde pendant 11jours complet, dans un espace restreint, sans contact extérieur.

Et ce, pour le plus grand bonheur d’une réelle expérience de renaissance.

 

 

(((Si l’expérience s’est avérée positive pour ma part, les nombreux partenaires qui ont suivi la même cession que moi et moi même s’accordons à dire, que chaque homme, une fois dans sa vie, devrait au moins faire l’effort de tenter cette expérience.)))).

 

Le monde serait encore plus beau que ce qu’il ne l’est déjà :

 

Bonne lecture. Bon courage. (Armez vous d’une tasse de thé, et d’une grande patience pour dévorer ces lignes jusqu’à la fin.)

Lumbini, Népal.

MAI 2015

 

VIPASSANA CENTER. Centre de meditation.

10 jours de retraite.

 

Dhamma Jananī, 'Mother of Dhamma'

 

Article à ne pas considérer à la légère s’il vous plaît.

Résultat d’un long processus de retraite spirituelle et intellectuelle de 10 jours consécutif.

Condition extrême et persévérance indispensable.

 

Certains passages peuvent être assimilés à de la folie pure, mais ce n’est simplement que ce à quoi l’esprit se résout lorsqu’il est sujet à analyse profonde.

Merci de ne juger ces écrits que pour ce qu’ils sont, c’est à dire, l’opportunité, sous un regard différent, d’en savoir plus sur le vécu d’une expérience Vipassana en Inde.

 

Je tiens à stipuler avec insistance que chaque expérience est bien personnelle et subjective ! Que chacun le vit différemment, selon son parcours, sa foi, sa persévérance, ses intentions, selon son lien journalier ou inexistant avec la méditation, selon sa concentration et ses convictions, son équilibre et son aisance à être assis en tailleur, à ne pas manger sur un rythme quotidien, à ne pas parler.

 

VIPASSANA.  —   1mai au 11 mai 2015.

 

 

VIPASSANA, c’est essayer de comprendre, de vivre, de pratiquer, …

Pas seulement assimiler une théorie.

 

Puisse tous les êtres être heureux.

Partager ma paix,

Mon harmonie,

être libérés.

-- Dhamma --

 

 

 

INTRODUCTION —

Premiers pas dans ce magnifique jardin paradisiaque. La nuit est tombée.

Survient un escargot sous ma sandale.

Le craquement de sa coquille résonne dans la fraîcheur de l'été au travers des chants unis des grillons et oiseaux en tout genre.

J’entends son dernier soupir se volatiliser au creux de mon oreille.

Le dégoût monte en moi. Je viens de foudre en l'air mes 10 jours de retraite par cette première marche spirituelle. J'ai manqué au premier précepte de ne tuer aucune âme. Je me repentis. Les jours suivants, je marcherais pieds nus.

 

Puis, mon deuxième manquement à la règle intervient. Je triche ! J'écris ! Mes pensées sont trop intenses. Je m'autorise à céder à mon addiction. Je témoigne mon expérience sur papier. Je vous témoigne mon expérience sur papier. Je me témoigne mon expérience sur papier, avant que celle ci ne s’évade au milieu de ses milliers de pensées.

 

Sur mon chemin, un singe aussi grand qu'un enfant de huit ans vient me grimacer quelques sourires. J'en oubli mes péchés et m'ouvre à ce qui m'entoure. Crabes, escargots, libellules, papillons en tout genre, et demoiselles errantes seront mes préoccupations de ces dix jours de silence. Je pars pour la vie de none, je pars pour une marche vers la liberté.

Je pars pour Lumbini.

 

 

 

« ONLY FOR NUNS ! »

J’ai testé la vie de none pendant 10 jours

 

Lumbini, 2015

 

Neufs femmes et un jardin paradisiaque.

Des femmes d'une grande beauté, au silence noble, se promenant dans les allées de cet enclos parfait.

Aucune n'ose parler. Aucune n’ose échanger un seul mot. Pourtant, les esprits s'agitent.

L'ensemble prend des allures d'hôpital psychiatrique psychédélique. Ces fous qui y habitent, côtoient pour la première fois le jardin de leur future révélation.

 

Mes premiers symptômes surgissent.

J’y perds toute notion du temps. J’y perds mon sens, j’y plante mes sens. Je retrouve mes essences.

Je viens de m'apercevoir que le premier jour est en fait le jour suivant. Stupidités dans une réalité étrange, ces 24 heures passées se révèlent être 48 heures. En état de somnolence et de veille constante, je ne vois pas ces premières journées s'écouler. Je m'attache seulement à l'horloge pendue au pan du mur me succédant, qui me rappelle avec mépris pour combien de temps encore je suis ici.

Dans la seule attente des petites pauses de liberté, je rêve de ces rondes délirantes, où il est encore possible de s’animer, en frôlant la douceur des diverses espèces plantées au dehors. S'en est effrayant.

 

Un certain mal-être est né. Je ne supporte pas entendre ce guru chanter. Je rejette sur lui les frustrations de cet emprisonnement nouveau et m'agasse à l'écouter radoter.

 

J'en viens à oublier que je suis ici de mon plein gré et que j'observe depuis le début les bienfaits.

Mais cet air de dictature où l'âme est entre quatre murs (il est en effet important de noter que seuls les animaux volants ou grimpant s’autorisent à nous rendre visite) me dépasse ;  mes pensées négatives fleurissent. L'ensemble prend des airs de vacances sans le repos des vacances. De quoi suffoquer. De quoi se noyer.

Puis, une dernière bouffée,

Je respire

Je respire.

 

L'air est pur.

Les bruits sont doux et apaisants.

La nature nous chérit.

 

L'ensemble prend une allure d'Inde du Sud sous les cocotiers. Mais l'humain est toujours là pour nous perturber. Ce gourou aux chants insensés vient nous rappeler que l'heure du dur labeur a sonné.

 

Mais, il a l'air éclairé. Il a l’air de savoir ce qu’il fait. Alors je l'écoute et j'observe mes pensées. J'observe mon esprit l'injurier.

Je prends de la distance avec mes idées, je me concentre sur ma respiration et en ressens les bienfaits.

ça marche, c'est parfait.

 

Mais le plus souvent, l'esprit s'affole. Les rêves juxtaposent la réalité et l'on en finit avec des pensées dérivées.

Les images surgissent. : Ananas

L'imagination explose. : "Celle-ci doit faire du poney"

Le cerveau est persécuté. La cloche sonne. Il est temps de se réveiller.

 

Retour sur mon expérience Vipassana.

Retour sur la folie d’une épreuve entre quatre mur.

Retour sur la révélation d’une théorie, la pratique d’une technique, l’épanouissement qui en est né.

 

 

Mai 2015, après le tremblement de terre qui a secoué le Népal violemment, je perds la tête, ne trouve plus ma place au milieu des locaux troublés, de l’impuissance de ma situation, des songes hantant ma maison.

On me parle sans cesse de cette expérience Vipassana, de cette retraire méditative si populaire en Asie, dont nombre découvrent et en ressortent apaisés. Je me tâte à y aller. Je me tâte à essayer.

10 jours dans le silence complet, foulant le sol où Bouddha serait né, ne peuvent que m’apaiser.

Alors je me lance, je me rends au premier que j’ai trouvé.

Je me lance dans cette expérience qui va probablement me changer.

Et je vous écrits pour tout vous raconter.

 

Jour après jour. Heures après heures, voici mon récit, les mots que je posais quelques jours auparavant sur cette expérience hors du commun. Les commentaires d’une aventure autant irritante qu’excitante. Obsédante.

Une aventure que je partage avec vous, non pas pour vous offrir le témoin écrit de ma folie mais pour vous intéresser à d’autres curiosités. Pour vous égayer sur cette pratique universelle, sur cette étude intéressante, cette théorie passionnante.

 

Dans l’espoir que celle ci vous interroge, vous intrigue. Et que vous preniez l’initiative de changer vous aussi votre vision du monde en 10 jours de renouveau. (En France ou en Europe, en Inde, au Népal ou en Asie, que celle ci s’offre à vous dans cette vie.)

 

VIPASSANA.

Jour après jour.

 

Mes débuts.

Les 3 premiers jours semblent difficiles. Vraiment difficiles.

C’est en effet durant, ces premiers jours que je suis dit que j’en viendrais à quitter la « course Vipassana » si les 7/8 jours suivants étaient semblables. Le premier et le deuxième jour ne furent qu’un, s’étant complètement confondus dans mon esprit. Je ne distinguais pas les heures passées, j’étais alourdi par la fatigue et la chaleur et je ne voyais pas les bénéfices de cette méditation qui m’avait valu des centaines de kilomètres, (et que j’aurai pu réaliser confortablement sur mon petit lit douiller).

 

Les fragments de mes pensées dérivaient :

« En tête à tête avec mon âme, je me tiens mes propres discussions. Je perds la tête. Elle s’en va faire un tour. Puis, je vois les têtes de mes camarades se pencher vers l'avant, elles aussi et faire de même. Elles capitulent sous le poids du sommeil. Le professeur se prête aussi à ce jeu de déluré, cela me rassure, et me fait oublier un temps son air pédant qui distribue des ordres à la volée. Les assistants obéissants, disparaissent à coups de petits pas voluptueux. Que cette hiérarchie est ennuyeuse. Il me prend de vouloir refaire le monde. Pourquoi le respect doit il toujours avoir des échelles ?

 

Les pensées négatives se multiplient dans mon esprit. Je n'y suis pas habituée et croit devenir folle. La voix du gourou m'importune de plus en plus, je ne comprends pas un mot de ce qu'il dit. Ne pourrait-il pas davantage articuler ?

 

J'observe ce côté noirâtre de mon esprit, et tente de l'éliminer à coup de méditation. Je contrôle la situation.

Ce que dit l’éveiller à l'air de fonctionner.

 

L’écriture à un effet hallucinogène. Une drogue douce, un éveil en pleine rêverie. C’est complétement dingue. Les expériences se différencient les unes des autres mais j’observe des sensations extraordinaires. Pourtant, je ne prends aucune substance.

Mon corps est immobile, ma respiration répétitive, mais mon âme cri, chante, danse. Mon esprit pense plusieurs fois par jour à ordonner aux muscles qui me composent de se lever et de faire un poirier sur le beau tapis feutré de la salle. Mais mon corps ne répond pas. Il semble persuader que ce n’est pas une bonne idée, pas le bon moment pour déconner. Plus que 7 jours et je pourrais me lâcher. »

 

Je ne pouvais rester concentrer et trouvais toujours de petites excuses pour discuter avec mes camarades, ces jolies demoiselles éperdues.

Seul le jardin et le cadre complètement magnifique qui m’entouraient, m’enchantaient. Je décidais donc d’en faire une force et de revivre à travers cette nature environnante. Revivre une nouvelle histoire, revivre une nouvelle époque, où la méditation viendrait à moi sans prier.

 

C’est alors que j'eue ma première expérience délirante.

Une première expérience entre songe et état de conscience. Une expérience « borderline », aux effets hallucinogènes mais à la beauté réaliste, entre rêve et vérité.

Nullement droguée, je ne peux que me rappeler parfaitement de cet état complètement magique que je ressenti pendant ces fragments de minutes idylliques.

Assis en tailleur sur un léger coussin posé à même le sol, les mains près du corps, les yeux clos ; Mon esprit, concentré sur ma respiration lente et répétitive, se troubla tout à coup par l’image récente de la fleur orange pale/rouge flamboyante qui séjournait dans ma conscience et que j’avais contemplé quelques minutes auparavant à l’extérieur.

 

Ce tableau vivant, colorant le noir de la surface de mes yeux éteints, en vain, s’affairait à gonfler dans mon imaginaire et prendre vie au rythme de mes respirations. Chaque son, chaque murmure, projeté en temps réel du jardin voisin, dessinait la toile de cette œuvre mystique et venait ajouter un décor à ce moment d’extase. Le toucher des pétales, la délicatesse des couleurs mélangées entre elles, la finesse des ondulations des pétales, l'harmonie des formes, et l'odeur très fine mais idyllique de l’ensemble, venait envahir mon esprit sous la forme d’une transe filmographique.

Le parfum de ma voisine, aux couleurs d'été et à l'odeur douce et sucrée venait amplifier l’ensemble et me laissait flotter entre imaginaire, rêverie, extase et réalité.

Je m’imaginais alors arbre et partageais du bout de mes branches mouvantes cette magnifique émotion autour de moi. Tournant, tournoyant fictivement autour de mon corps resté au sol et séjournant autour de ma voisine russe, plantée derrière moi, mais trop occupée à déconcentrer les autres pour voir quelque chose de mes pratiques douteuses.

 

Par l’étrangeté du moment, j’avais envisagé de transformer mon agacement envers cette jeune femme bruyante, en amour pure et sincère. Tout n’était que fantasme, tout ne fut que surprise. L'instant d'après; je perdais ma négativité et m’enveloppait d’un voile de douceur affectueuse pour une femme que je ne connaissais pas mais dont je reconnaissais la bonté au fond de son cœur.

 

Fragment d’illusion sur fragment d’illusion plus tard, les yeux entrouverts pour tâter la réalité, je redescendis de mon nuage, pour m’aplatir contre le sol et m’apercevoir de l’ironie de la situation ; tout n’était qu'expérience psychédélique. Pour autant, chaque parcelle de sensation demeurait, restait là, autour de moi, à rouler dans les airs.

 

Alors, je compris ce qu’était « ressentir une sensation » en méditation. Et je décidais de faire de cette nouvelle expérience, un point de départ pour en découvrir plus. Après deux jours à tourner en rond autour de mes échecs méditant, je décidais d’entamer le troisième jour sur un nouveau pas.

 

Ce même troisième jour, l'ordre fut de se concentrer sur les sensations. J’avais vu juste. Mais je devais sortir de mes rêveries et analyser mes propres sensations. Pour cela, il était conseillé de se concentrer sur sa respiration.

Ce troisième jour, je compris que quitte à être là, je devais vraiment, coute que coute, faire de cette expérience une force et utiliser ces 10jours à bon escient.

 

Le soir même, je reçu les enseignements de Goenka pendant une bonne heure, ce qui m’ouvrit définitivement à l’expérience et à la volonté d’en apprendre plus sur ses savoirs.

Et c’est ce qui fut que la vraie expérience commença !

 

Son discours était fondé, fait de vérités.

Il s’appuyait sur les enseignements du Bouddha; ce que je n’avais jamais vraiment étudié et qui m’intriguait.

J’étais d’autant plus intéressée.

Intéressée et curieuse, repensant sans cesse à ce moment qui m’avait été donné dans ce jardin psychédélique.

J’étais persuadée qu’un autre surviendrait, même si il devait être différent.

 

Goenka insistait pour dire que chaque parcelle du corps était différente à chaque instant. Tout n’était que vibration et déformation. Vaguelette. Vaguelette. Alors je profitais de ce qui m’était offert. De l’instant présent. De cette méditation dans un jardin imaginaire. De cette fleur qui respirait et distribuait de l’Amour... Je repensais et repensais à ce moment magique. Et je me préparais au prochain avec d’autant plus de bonheur.

 

Jusqu’à ce que survienne le 4ème jour, comme une part de gâteau supplémentaire. Une de ces choses auxquelles on ne s’attend pas, qui se dévore à pleine bouchée…

 

 

Jour 4.

 

En sortant du hall, sous le lever du soleil du matin,

Comme si le rayon qui était venu consciemment se poser sur mes yeux endormis dans la salle avant la fin de la séance et le son du gong, pour m’éveiller l’esprit,

Je ne vois que cet être naissant au milieu du bassin du grand jardin :

Un lotus jaune est apparu au milieu des fleurs de lotus violette.

Il forme une tâche de couleur changeante au milieu des tonalités verdoyantes et bleutées du bassin aux eaux troublées.

Comme une tâche de peinture colorée,

Aventureuse au milieu d’une toile de noir et blanc.

 

Par ce jaune fade mais magnifique qui danse sur le léger son des oiseaux

Et la faible brise matinale, à peine perceptible.

Je me surprends à voir le monde sous un autre jour.

 

 

Du jardin aux mots de Goenka. L’illumination d’un nouvel enseignement.

 

-- Si tu plantes une graine d’un arbre amer ou d’un arbre sucré, rien ne sert de prier ou de quémander à ce que l’un murisse et l’autre diffère. L’arbre deviendra ce que la graine était à l’origine. Elle ne changera pas contre les lois de la nature. Tu dois juste comprendre une chose : que l’on récolte ce que l’on a semé !

L’arbre amer n’en est pas d’autant plus pas mauvais. Même si l’arbre sucré sera plus idolâtré. Tous deux ont juste deux goûts différents. Et sans notre dégoût prédisposé pour l’un en particulier, sans la trace de notre éducation, de la restriction de nos idées, de nos préjugés naissant à travers société, religion, jugements et influences, nous serions à même de voir l’arbre amer aussi beau et doux que celui qui est sucré ! ---

 

Ce quatrième jour, si particulier.

Après avoir passé des mois à écrire avec mon crayon d’encre, le 4eme jour du Vipassana; où le travail commence réellement pour moi, celui ci cesse de fonctionner. Il me reste quelques pages à combler sur mon carnet; j’en ai même trouvé un autre de rechange pour continuer à écrire mon ressenti. Mais je n’ai plus d’encre. Ma volonté de vous partager ces enseignements d’une grande beauté, s’envole en un rien de seconde.

Dois je l’interpréter ?

Dois je vraiment écouter les consignes, choses que je ne faisais pas jusqu’ici et qui m’avait fait default !?

C’est évident.. C’est seulement après avoir écouter contre ma volonté, têtu comme je suis, les consignes de Goenka, bornée a dire "non je ne ressens strictement rien de ce que vous dites, ça ne marche pas sur moi", c’est seulement après avoir lâchée prise et mise de côté mon ego que j’ai pu découvrir enfin ce qui m’attendait vraiment. Alors dois je d’autant plus m’y concentrer ?

 

Dois je alors lâcher aussi mon téléphone sur lequel j’écris ces mémoires en mode demi mots, (tel un adolescent qui oublie la grammaire et l’orthographe pour communiquer plus vite ; eh oui, qu’est ce que je ne ferais pas pour communiquer avec vous cette expérience hors norme !) et cesser d’écrire ce que je ressens comme il est interdit de le faire ?

Ne pas bouger

Ne pas parler

Ne pas écrire

Pour l’instant je n’ai respecté que : ne pas lire.

Et manger consciemment, à sa faim.

Ne pas gâcher.

 

Il me reste encore à méditer sur le sujet..

Une expérience enrichissante.

 

Au delà de mes mauvaises pensées à l’égard de Goenka et de sa voix qui m’est insupportable, tout comme ses champs en Hindi et ses règles strictes, l’expérience reste très très intéressante. Le but des heures de méditation dirigée est de mettre en application le fait de ressentir. Car, oui, comme Goenka l’explique, tout le monde est à même de comprendre d’un point de vue théorique l’idée que tout évolue, que le corps n’est pas le même d’une seconde à l’autre, qu’il grandit éternellement jusqu’à son extinction, la mort, qu’il se fait et défait, tout comme les émotions et les sensations de chacun, par millier de secondes à la fois. Mais une fois la théorie comprise (première étape), acceptée (deuxième étape), il faut la mettre en pratique (troisième étape) en observant l’ensemble dans sa réalité. Ce que je trouve très juste et très futé.

Et c’est à quoi nous occupons nos journées ici, essayant individuellement, encore et encore, ce qui a eu un effet très positif dans mon cas. Qui m’a même complètement transporté pour tout vous avouer.

 

En testant colère, repos, contrôle, concentration, folie et reclusion dans un même temps, dans le silence le plus total, l’expérience n’est pas facile. Les principes de : ne pas bouger, ne pas ouvrir les yeux, garder le dos et la nuque droite, … se révèle particulièrement dur pour moi. Je n’arrive pas à méditer. Entre consignes strictes et douleurs prolongées, je ne sais plus où donner de la tête.

Goenka vient de nous annoncer que la prochaine consigne est de mettre en pratique, 3 fois par jour, une heure de méditation intense sans bouger, sans ouvrir les yeux et en restant assidument concentré. La consigne est de prendre le temps d’examiner chaque sensation se dégageant des parties du corps, organe après organe, et de travailler à l’équanimité et la non-réaction, dans le respect de l’immobilité complète.

Après ma première heure de pratique, je n’en reviens pas. Les sensations sont intenses, nouvelles, c’est inimaginable. Mon regard intérieur s’est posé sur l’ensemble des parties de mon corps, même celle pour lesquelles je ne pensais jamais ressentir aucune sensation. Mon esprit en était complètement absorbé jusqu’à ce qu’une biche vienne perturbée ma méditation et me ramène à la réalité. J’ai compris que j’en venais à délirer. Mais quoi qu’il en soit, l’expérience était Grandiose !

 

Ma nuque sur le point de craquer, mes sens étouffés, mes doigts pendants, mes cheveux tirés, mon dos tassé, ma plante de pied en feu, ma bouche souriante, mes muscles éveillés, mes oreilles libres, mes genoux tirés, douloureux .. Je pouvais ressentir l’intégralité des parties de mon corps qui me compose comme je ne l’ai jamais fait auparavant. Complètement dingue ! Complètement réaliste ! Complètement bluffant !

Je me suis demandée en premier lieu pourquoi m’imposer cette terreur, ces difficultés. Etais-je là pour voir mon corps pleurer ? Et je failli passer à côté de l’enseignement de ce gourou très futé, qui m’insupportait tant les premiers jours.

A travers les sensations naissantes, la chaleur, la transpiration, l’engourdissement, les vibrations, … , (tout ce que l’on peut ressentir sur notre corps en l’examinant avec attention), je compris quel était le but de la pratique. L’objectif restant de simplement observer, cette étape de douleur imposée était en fait une phase obligatoire : pour la première fois de notre vie, être confronté à la souffrance réelle. Mais comment travailler à les découvrir pourrait-il nous aider à les faire disparaître ?

 

En s’entraînant à observer à chaque méditation, les sensations de notre corps, avec une pratique quotidienne, notre esprit serait à même de les reconnaître par la suite par habitude et de ne plus y réagir, seulement les identifier. Leur nom est Sankara. Ces sensations de toute nature qui surviennent et qui nous torturent, nous poussent dans le vis du désir et de l’aversion. La douleur, l’engourdissement, le fourmillement, la tension, la lourdeur; mais aussi la liberté d’autre partie du corps insoupçonnée, la légèreté, la voluptée, …

 

C’est en offrant une réaction à ces sensations qu’il est naturel de les ancrer en nous, leur trouver une petite place dans nos mémoires, et leur donner l’opportunité de nous torturer encore et encore. En réagissant à une sensation positive avec excès, on la dédouble, on s’attache et génère de la passion. On s’accroche à quelque chose d’impermanent, d’éphémère et donc on se prépare à la souffrance de les voir disparaître et de ne les voir peut être jamais refaire surface. Dans l’autre sens, en réagissant à une sensation négative, on déclenche haine et aversion et entretient la négativité en nous.

 

La solution de délivrance enseignée par le bouddha fut donc d’apprendre à observer toute sensation des pieds à la tête sans offrir de réaction, que ce soit dans des moments de bonheur ou de défaite. Et ce, afin de pouvoir le faire naturellement par la suite dans notre vie, sans juger du bien ou du mal, sans générer d’effet néfaste.

Si la théorie en était logique, éclairée et comme une révélation pour moi, encore fallait-il la mettre en pratique. S’en était donc le but de ces 10 jours de reclus, dans l’extrême de la retraite Vipassana.

 

Revoir complètement sa vision du monde.

 

Ce n’est pas la première fois que je suis confrontée à ce type de remise en question. Au tout début de mon voyage, à peine arrivée en Inde, une femme que j’estime beaucoup; rencontrée au hasard des chemins, m’avait fait partager les enseignements de son gourou. Loin d’elle l’idée de me convertir, elle m’avait juste ouvert les yeux sur le conditionnement de ma société, l’influence par la religion chrétienne et ses principes. N’étant pas religieuse, j’étais curieuse d’en savoir plus et de comprendre comment un mode de pensée qui n’était pas le mien; d’un point de vue de choix religieux en tout cas; pouvait corrompre ma vision de la vie de tous les jours.

Elle m’en expliqua les travers, la vision de bien et de mal qui n'existe que chez nous; de réussite ou d’échec, d'asservissement et de soumission pour un paradis lointain ou enfer proche, de noir ou blanc. Son discours m’avait complètent bouleversé. Je ne comprenais alors pas tous les aboutissants, m’efforçant pourtant tant bien que mal d’aller au delà de ce que je connaissais.

 

Apres quelques jours, ses paroles s’étaient effacées ; mon esprit formaté n’avait pas pu les sauvegarder, faute de code pour les déchiffrer.

 

Puis hier soir; avant de me coucher; j’ai écouter le discours de Goenka. Et tout ce qui s’est dit m’a tout autant bouleversé. Non pas de la même manière (puisque la première fois, je ressentais ce moment comme une libération euphorique, qui me soulevait étrangement le cœur, qui me faisait m’alourdir en même temps sans pour autant comprendre les mots ou apporter un sens à cette vérité libératrice dont je n’avais pas les codes pour déchiffrer le sens. Je me sentais coincée, trop conventionnée mais voulais en savoir plus sur cette théorie).

Et hier soir, j’ai enfin reçu l’enseignement que j’attendais. Non pas par les mots qui m’ont ouvert l’esprit. Non pas seulement. Par l’exécution de l’expérience que Goenka nous a forcer à faire le 4eme jour.

 

Cette douloureuse journée d’attente vient d’être récompensée par la compréhension de l’enseignement que je cherchais à assimiler 7mois auparavant. Comme il le dit, l’apprentissage par écrit, verbal ou enseigné par un maitre, n’est qu’une chose.

Le plus important reste de pouvoir l’expérimenter par soi même. Ce que j’avais fait quelques heures avant sans pouvoir mettre de mots dessus. Je remerciais alors cette femme, non pas pour m’avoir influencée, en vain, mais pour avoir essayée de partager avec moi ce qui l’avait libérée et soulagée et que dans un élan de compassion, elle avait voulu échanger avec moi.

 

Je comprenais que 7 mois de voyage; 7 mois de rencontres intéressantes, d’évènements perturbants; de voix religieuses creusées, de discours écoutés, de débats encouragés, de codes bouleversés, de cette Inde visitée, m’avait permit tout cela ; d’être enfin illuminée par ces propos et d’avoir l’occasion de les mettre en pratique.

 

En écrivant ces mots, je me rends compte que ce fut bien plus que cela. Ce bonheur qui m’envahit aujourd’hui de comprendre enfin ce qui se passe autour de moi; Je le ressens comme une libération. Comme si j’avais enfin atteint la vérité et trouver ma religion. Une religion sans doctrine lugubre, sans offrande, sans dictature, sans vénération pour un maitre ou un dieu. Juste l’enseignement du bouddha qui atteignit l’illumination et décida de le partager avec le reste des hommes recherchant la paix.

Aujourd’hui je l’ai trouvé aussi. Moi qui sous estimée tant toutes ces choses. Moi qui regardait l’ensemble avec un œil suspect, pédant et arrogant. Moi qui ne croyais pas à Bouddha ou toute sorte d’icône religieux. Aujourd’hui je crois que cette vérité qui m’a été enseignée, qu’elle vienne de Bouddha ou d’une quelconque conspiration lugubre, me remplit d’une sensation nouvelle. La libération de pouvoir tout comprendre, travailler à mon bonheur et à ma paix et y voir les fruits de ce que j’ai semé.

 

Les jours vont être long, le travail acharné, les sensations intenses et difficiles. Mais je sais désormais pourquoi je le fais.

Et tout cela, ici même, sur la terre que foula probablement Bouddha lorsqu’il naquit; à Lumbini.

Et je repense sans cesse au parole de Goenka :

 

tout est éphémère,

rien de dure,

tout disparaît.

 

C’est pourquoi il est important de profiter de chaque sensation, chaque émotion, chaque écrit, chaque parole en temps présent et de ne pas s’y attacher davantage car l’ensemble disparaît la minute suivante. J’ai compris que ce voyage devait m’apprendre à vivre seule au milieu de toutes ces magnifiques populations étrangères.

Aujourd’hui je sais que j’en suis capable.

 

Et j’ai enfin compris pourquoi on m’a menée sur ce chemin là.

 

Pour m’offrir une vie plus pure, plus heureuse, plus épanouie, sans attachement douloureux. 

Ma vie est faite pour être un voyage sans retour. Un voyage de moments inoubliables, de moments magiques, de rencontres exceptionnelles.

 

Ainsi, je peux désormais réfléchir à ces choses dont je n’arrivais à me libérer. Ces choses que je ne comprenais pas, qui me paraissaient insensées. Je pense, j’examine, je discute avec moi même, je m’interroge.

Je me donne les réponses que j’attendais de quelqu’un d’autre mais qui réside en fin de compte au fond de moi.

Je m’attarde sur des sensations, des sentiments et je les ausculte.

J’examine la violence, qui m’a tend torturée toute ces années.

Cette violence qui n’est pas forcément négative, pas forcément plus noire que blanche.

Comme la violence du bucheron qui coupe son bois.

Comme la violence du musée juif de Berlin.

Ou celle du peintre faisant gicler la peinture sur la toile.

Comme la violence d’un orage aux milles éclairs.

Pourquoi alors avoir autant d’aversion pour les gens violents. Pouvais-je enfin m’en défaire comme d’autres parties insoupçonnées de ma mémoire blessée ?

Et chapitre après chapitre, je pouvais examiner ma vie, répondre aux manques et aux questions qui prenaient beaucoup trop de place. Et voir l’ensemble s’envoler. Me libérer.

 

Avec ces enseignements reçus en français, j’ai retrouvé la joie de travailler dur ! De me concentrer !

De prendre cette étape comme un nouveau tournant dans ma vie.

Dans un même temps, je me suis lancée le défi de ne plus scruter le temps passé, de profiter de cette expérience psychédélique telle qu’elle vient.

Les heures passent alors à une vitesse folle et j’en profite à chaque seconde, en songe.

Cela en devient Magnifique !

 

 

Par le hasard des chemins de pensées, je viens de me rendre compte que je fête en ce jour mon 7ème mois de voyage. Je n’ai pas célébré le 6ème comme on a coutume de le faire en occident pour chaque moment de sa vie, alors, aujourd’hui sera le grand jour de mes réjouissances. Qu’il en soit ainsi, profitons de ce moment présent.

Je me rattache à mes sensations, J’éprouve de la compassion. Je pardonne même la demoiselle russe qui s’amuse à déconcentrer encore une fois le groupe derrière moi. Qu’importe, c’est un jour de fête, je lui envoi tout mon amour. Elle en manque probablement pour attirer l’attention de cette façon. Le flot de mon amour vient l’entourer. Le reçoit elle ? Je ne l’entends plus bouger. Cela à l’air de fonctionner.

Je me sens bien, épanouie. Toutes mes mauvaises pensées ont disparues aujourd’hui. Les bonnes aussi. Celles qui me ramenaient en arrière, dans un passé proche, près de ‘mon ami l’australien’ et de ‘mes potes les israéliennes’ avec qui j’ai passé ces dernières semaines. Ces pensées qui me faisaient sourire, voire même rire. Elles sont restées dans le passé. Je suis maintenant dans le présent. Je visite le jardin qui m’entoure, me raccrochant aux bruits environnants en même temps que je découvre mon voyage intérieur. Je m’épanouie.

 

 

Ce quatrième jour était le plus important. C’était celui où l’on recevait, pour la première fois, vraiment les enseignements. C’est ce jour-ci que je paru convaincu que les 6 prochains jours trouveraient leur sens. C’est à partir de ce jour-là que je profiterais pleinement! Que je découvrais ces savoirs, ces théories à introduire dans ma vie. C’est à ce moment ci que je compris que les jours prochains allaient m’aider à cela.

 

Jour 5.

 

Un papillon me coupe la route par la gauche, il me passe sous le nez. Il me sort de mes pensées avec violence. J’aperçois de près ses couleurs foisonnantes, son rouge orange au milieu de sa parure noire. Une violence magnifique. Je souri.

Une deuxième puis une troisième fleurs jaune naquirent les jours suivants, à ma grande surprise.

 

Le soir du cinquième jour arrive déjà.

La concentration me manque.

Je ressens une lassitude grandissante comme chaque jour avant la diffusion des 1h30 de discours de Goenka. Chaque discours est une repoussée d’adrénaline, de curiosité, de nouveauté. Mais je ne peux nier que les jours commencent à se faire long.

 

Voila 5 jours que je suis ici. J'ai un peu de difficulté à ne pas parler, à ne pas échanger. Je ressens encore le besoin de tricher et de vous raconter ce que je vis. Mais comment font les autres?

Je suis une de celles qui bougeotte le plus, qui chuchote le plus, et une de celle qui souri le plus.

En théorie, le dernier aspect n’est pas réprimandable mais dans ce contexte, il n’est pas permit de solliciter l’attention des autres afin de ne pas déconcentrer autrui. Ce que je trouve admirable mais n’arrive pas toujours à faire.

Alors je souri aux papillons, aux jolis petits oiseaux que j’ai découvert les jours passés, faisant leur nid au dessus de nos têtes et rafistolant le petit lit douillé de brindilles qu’ils se sont concoctés sur la branche de l’arbre sous lequel nous venons chercher un peu d’ombre durant les pauses silencieuses. Je souri à l’assistante qui s’ennuie. Je souri à cette femme enceinte qui a plus de mérite que moi après 8 mois de grossesse et un Vipassana à moitié achevé. Et elle sourit aussi, encore et encore. Je souris à cette femme d’âge mûre qui ressemble à ma mère. Et elle sourit aussi. Cela me rapproche alors un peu plus en pensée de celle qui m’a mise au monde. Je souri à la française, ma voisine de table dans la salle du repas, qui me refile discrètement tous ses fruits.

 

Le discours du 5eme soir m’a donné envie de travailler d’autant plus. J’espère y arriver. Je vais redoubler de concentration même si ma motivation s'efface. Les propos sont toujours aussi intéressants et alléchants. Se libérer de la souffrance. La souffrance de désirer des choses à chaque instant de nos vies et de ne pas les avoir. La souffrance que les gens peuvent nous faire, la souffrance de ne pas voir se réaliser ce que l’on souhaite.

Pour cela, il est demander de redoubler de concentration et de faire face à la souffrance physique pendant 1h. Sans bouger encore une fois, sans regarder l'horloge. Juste attendre d'analyser les sensations, d'observer, de ne pas réagir.

Je vais réessayer.

 

Jour 6.

 

Le 6eme jour est arrivé. On a dépassé la moitié des 10jours. (waaaoouuuhhh). Oui, il ne reste désormais plus que 4 jours de Vipassana. Les heures se comptent. 4 jours à attendre de rentrer impatiemment ou 4 jours pour travailler d’autant plus. Ce matin je me suis levée avec la soif de vaincre. Je m’étais promise d’essayer; de tenter de jouer le jeu correctement cette fois.

 

Les résultats sont surprenant : une matinée superbe qui est passée en un rien de temps.

La souffrance de la première heure m’a fait capituler 10min avant la fin ! Si j’avais su... Mais cela m’a poussé à réessayer tant bien que mal et les effets sont bluffant. Je peux désormais méditer pendant 1bonne heure sans problème avec la technique Vipassana. J'ai tenté les deux heures mais me suis laissée distraire au bout de 70min. Ce n’est pas grave j’ai encore tout l’après midi pour arriver à mes fins! Et puis ces 4 derniers jours bien sûr...

 

Le meilleur commence vraiment désormais. Je profite d’être ici et d’expérimenter (même dans cette étrange souffrance et ces douloureuses tensions corporelles), une méditation nouvelle. Mon esprit se distrait sur de nouvelles choses, dont je n’aurais jamais pu en deviner les aboutissants. C’est étrange, c’est passionnant. Cela donne envie de rester des heures durant face à son inconscient. Les histoires changent, l'imaginaire en appose une couche parfois. Mais qu'il est bon de se laisser aller de cette façon. Je ressens l’effet d’une addiction malsaine. J’en reveux encore et encore. Je ne peux plus m’arrêter. Mais je ne recherche rien en particulier. Seul mon esprit a les cartes en main et m’emmène où il le souhaite.

 

A vrai dire, pour tout avouer, depuis le début de mon voyage, Je cumule les expériences fascinantes : depuis la première fois où j’ai découvert la méditation : en fait, il y a 7mois de cela.

 

La première fut à Auroville, au beau milieu des jardins environnants le Matrimandir. Sur le discours de la mère, la voix d’une vieille femme bégayant des mots d'hindi. Pour la première fois de ma vie, je découvrais une heure de repos spirituel complet sans voir passer une seule seconde ! Tout était paix et harmonie. Indescriptible.

J’étais bluffée et j’en revoulais encore. Mais à l’époque, comme l’explique Goenka, je ne savais pas qu’il n’était pas bon de désirer une expérience de méditation, une sensation particulière déjà vécue.

 

Tout est éphémère. Rares sont les fois où les sensations peuvent se rejoindre dans le temps.

 

Les mois suivants, alors j’essayais encore. En vain. Je n’avais personne pour me guider.

La méditation m'appelait, me répondait mais je ne retrouvais pas cette même sensation.

 

—— Sur les hauteurs du mont du temple d'Hanuman à Hampi,

—— Dans les ruines des temples et le désert de Badami,

—— Sur les marches des bassins sacrés de Pushkar,

—— Sur la mélodie des Pujas du soir et le cris raisonnants des fidèles dans la nuit naissante, au coucher du soleil,

—— Sur la montagne du désert des environs infinis de Pushkar,

—— Au beau milieu du désert du Thar, face au coucher du soleil sur les dunes (dérangée par mon dromadaire qui faisait un bruit monstre en se vidant),

—— Face au petit palais de marbre blanc de Jodhpur,

—— Sur les pas des milliers de pèlerins venus se recueillir au temple d'or d'Amritsar,

—— Dans ma chambre de princesse à Mc Leod Ganj.

 

Chacun de ces endroits magiques m'offrait le calme d’un temps de méditation indéfini, parfois trop court, parfois infini, quelques fois apaisant, quelques fois douloureux,

 

Chaque moment m’apaisait pour autant. Je faisais l’expérience par moi même. Je m’asseyais avec mon esprit et engageais la discussion. J’étais en harmonie. Mais je ne retrouvais pas cette sensation euphorique de ma première fois à Auroville.

 

Puis, il y a trois mois de cela, dans le monastère bouddhiste du village de Bir;  complètement isolée des endroits touristiques, je refis l’expérience.

Seule, dans cette nature généreuse, sur le son et l’éclaboussement des eaux clairs de la petite cascade, et le murmure des moines en prière, j’en vins à une nouvelle expérience de méditation. Encore plus belle que la toute première. Répondante à toutes mes tentatives précédentes. Indescriptible une nouvelle fois.

 

Pendant les 4 ou 5 jours supplémentaires que je passais alors sur Bir, je refis l’expérience, encore et encore, me projetant dans une extase irréelle.

Sur le sol de la terrasse, face au ciel chargé d’étoiles, sans lumière artificielle à l’horizon pour stopper leurs résonnances,

dans la chambre de méditation du monastère,

dans l’ambiance des champs bouddhistes et des cérémonies de masques, …

Je comprenais enfin que ce n’était pas la même expérience dont j’avais besoin mais une d’une beauté semblable. Et la méditation s’ouvrit un peu plus à moi..

 

Après cela suivit Varanasi, qui me rapprocha un peu plus de la spiritualité de vie et m’ouvrit davantage à un autre monde. La vie, la mort sur le même plan, la pauvreté, la richesse, l’idolâtrie, la religion, la divinité, la réalité, l’enchantement. Tout se mélangeait, tout se faisait dans le désordre mais l’ensemble marchait à merveille.

Tout avait la même place, la même échelle mais en gardant la différence de chaque aspect.

« Same—same mais different » comme disent les indiens.

 

Tout était chamboulé. Tout s'offrait à moi.

Puis mon arrivée au Népal me détourna complètement de la méditation mais l'incroyable somptuosité des lieux et des rencontres m'apaisa de la même sorte. Les paysages grandiloquents, comme jamais vu dans ma vie, la nature généreuse comme un paradis sur terre, me firent voyager comme jamais.

 

Puis mon chemin s'arrêtera à Pokhara; où le calme m'emplit et le tremblement de terre vint pour tout secouer.

Les rencontres que je fis à ce moment là furent déterminantes.

La situation folle du séisme nous rapprochèrent très vite. Un groupe d'artiste en recherche d'eux même et de la vérité véritable se forma donc bien vite. Nous étions liées les uns aux autres par l’amour des rencontres, la joie de la vie, la curiosité des langues et des cultures, la collision de groupe.

 

Nadav (le romantique accompli, attentif et israélien tout craché),

Daniel et Nimrod (le couple de folie israélien),

Anat (la jeune demoiselle éperdue, cool comme jamais vu),

Irit (la femme posée et tendre),

Mickael (l’Australien indéfiniment surprenant),

Reut (la petite folle qui craque),

Marko (l’écrivain mystérieux),

Sami (le français accumulant amour et humour),

Peter (le baba anglais)..

 

Et tout convergea vers l’expérience de Vipassana. Les récits de chacun, la volonté d’avoir plus de réponses, de se retrouver seule pour mieux se comprendre, mieux se chercher, mieux se trouver, le départ des premiers, la boucle qui se termine, l’occasion de quitter l’ambiance particulière du tremblement de terre, les journées qui se ressemblaient, la frustration de ne pouvoir rien faire, aider personne ni moi même, les tremblements d’anxiosité répétés; la décision prolongée, la dernière étape de mon expérience au Népal.

Je devais y aller.

 

Et puis vinrent ces images inoubliables..

Cette fleur mouvante, respirant et distribuant son amour.

Le chevreuil et les masques tibétains qui dansent.

Qui me raccrochèrent à toutes ces expériences bouffantes que j’avais vécues et dont je découvrais à nouveau une nouvelle facette.

Un nouveau visage méditatif dont j’avais encore des journées entières à me consacrer …

 

Ce midi de sixième journée je réussis à tenir ma méditation encore 10minutes avant la fin. Contre 15 le matin même. Je progressais mais cela restait très très dur.

 

Cet enseignement du 6eme jour était compliqué mais intéressant. Il nous apprend à discerner les désirs. La dépendance au désir, partout, tout le temps. Pas seulement pour une chose mais pour la sensation que procure le désir. Qu’importe l'assouvissement de celui ci, une fois accomplit un autre désir survient et les souffrances qui vont avec. Celle de ne pas avoir ce que l’on désir. Ou celle de perdre ce que l’on a déjà. En analysant la douleur, je me rends bien compte que c’est le mental qui fait tout. J’ai besoin de réessayer encore et encore. Mais cela me demande tant de concentration que je n’en ai plus pour les autres périodes de méditation en cette fin de journée.

En travaillant la souffrance et les sensations que cela génère en nous, on doit pouvoir ressentir quand le désir survient en nous et ne pas réagir; ne pas forcement le combler, juste l’observer. Pour lui donner moins d’importance. Et le faire disparaitre.

Cette fois encore, je me suis arrêtée de méditer tout juste avant que Goenka se mette à chanter pour les 5 autres derniers minutes. J’aurais pu tenir plus. Enfin je crois. C’est tellement dur. Je me promets d’y arriver, de réessayer aux heures prochaines.

 

Jour 7.

 

Le septième jour est en train de s'écouler. Il m’en reste encore 3. Mais je sens que ma concentration s'envole et que je tarde à m'impatienter de finir cette course Vipassana. L'enseignement d'hier soir était toujours aussi intéressant mais chargé de trop d'information d'un coup. Si jusque là j'arrivais à suivre la logique du raisonnement et la travailler les heures de méditation suivantes, cette fois, je ne me souviens pas de la moitié de ce qui s'est dit. Je suis un peu plus dans les nuages, mon état primitif.

Le temps de la nuit passée y a peut être aussi joué, je n'ai presque pas dormi entre moustiques et chaleur insoutenable. J'ai besoin de sommeil et somnole longuement sur moi même dans le hall de méditation. L'heure de dur labeur sur la souffrance a été un échec, j'ai capitulé à la moitié. J'ai besoin de rattraper mon sommeil pour voir si le reste de la journée sera plus prometteur.

 

Plus tard dans la journée, Je n’en peux plus.

Je n’arrive plus à me concentrer que quelques rares dizaines de minutes et les heures s'allongent. Je pars dans mes pensées, me permettant de développer toujours plus mon imaginaire et ma créativité mais je m'éloigne de ma motivation.

Heureusement, je ne suis pas la seule à sortir du hall de méditation, toutes les heures, pour aller prendre l'air dans le jardin. Le moral des troupes va mal à en croire le regroupement d'âmes perdues cherchant la douce sensation de l'herbe chaude sous les pieds dans le petit jardin.

 

— Rajoutez à cela un drame de plus, les trois lotus jaunes ont disparus.

Les lotus jaunes se sont envolés.

Mais où sont donc passés ces lotus jaunes ?!! —

 

Mais ce soir, tout va mieux, j’ai réussi à méditer. Encore mieux que les autres fois. Sans somnolence. A croire que c’est quand on s’y attend le moins que les plus belles choses arrivent vraiment. Le discours de ce soir était tout aussi impressionnant. Même si j’en ai perdu encore quelques informations. Qu’importe, j’ai retenu le principal. Travailler dans son quotidien. Etre toujours attentif aux sensations. Toujours observer, apprendre à ne pas réagir, à se libérer des désirs, de l’aversion. Donner de l’amour et de la compassion autour de soi tant qu’on le peut en cet instant présent. Profiter de chaque moment.

Il ne reste plus que deux jours pour travailler. Le troisième jour, la parole revient et les choses vont se bousculer. Il ne reste donc plus que demain et après demain pour travailler. La consigne est de le faire à chaque instant. Observer les sensations en marchant, en mangeant, en se dépêchant, en s’endormant, en respirant...

Le faire au quotidien.

 

Et distribuer amour, amour et amour. Compassion.

 

Dans la pénombre du jardin, j’ai fait mes premiers essais. Ressentir tout ce qui se passe; les sons, l’herbe sous mes pieds, le vol d’un papillon, ce à quoi j’avais l’habitude de me prêter mais cette fois avec dix fois plus d’intensité et de conscience. C’est incroyable.. Je ne sais qui remercier pour ce bonheur nouveau. Mais je le fais.

J’espère pouvoir un jour donner mon temps en tant que bénévole sur un Vipassana et servir les autres pendant qu’ils découvriront eux aussi, l’esprit libre, cette expérience incroyable.

On ne peut que le vivre pour s’en rendre compte.

Et alors, à chaque moment futur, s’autoriser dans la vie, à tout moment; de fermer les yeux face aux gens et d’observer les sensations du moment. S’écouter. Etre sain.

 

Ne pas nuire à autrui. La mort est toujours proche, tout disparait. Alors profiter seulement de chaque moment, pour distribuer de l’amour. Avant qu'il ne soit trop tard pour le faire. Donne un maximum d’amour.

Eprouver de la compassion pour ceux qui sont difficiles avec soi. Ils n’ont sûrement pas reçu assez d’amour de notre part ou de la part des autres. Leur donner le maximum de soi, encore et toujours, avant de ne plus les côtoyer, de ne plus être proche d’eux pour le faire. En voyage particulièrement.

Et tout changer, tout faire évoluer. Rester bon avec eux à un moment présent, espérant que cela fera sûrement que le moment d’après ou l’année d’après, ils seront bons aussi avec nous mêmes ou avec d’autres.

Profiter de chaque instant de la vie. De chaque saison.

Chaque épisode à son moment magique. Même les plus tragiques.

Accepter que certains partent ou veulent partir. Trop de souffrance probablement. Mais s’assurer de faire de notre mieux pour leur donner tant d’amour une dernière fois.

 

Et quand à ceux qui partiraient sans qu’on ne le veuille, laisser la vie suivre son cours sans regret.

Pour accepter que tout est éphémère, tout doit disparaitre.

 

Cela aussi changera.

 

Tout change, tout se transforme. Profitons alors de chaque instant, même des mauvais, ils sont éphémères.

Examinons chaque sensation, observe quand tu marches, quand tu es stressé, quand tu es joyeux.

Observe.

Ne réagit pas.

Profite de chaque état de la fleur qui nait et qui fane.

Elle t’apprend la vie.

Elle te montre la vie en un jour avec ses milliers de changements et de sensations qui en résulte.

Les couleurs, les odeurs, la douceur, les formes, ..

Observe.

Observe la réalité, pas ton imagination.

 

Observe.

 

8eme jour.

 

Un enseignement à suivre dans son quotidien :

-Garder une conscience attentive envers les sensations du corps, bonnes comme mauvaises.

Sourire à toutes.

Eprouver de la compassion pour toute personne ignorante qui utilise la force ou la colère à l’égard des autres.

Si quelqu’un fait du mal autour de lui, on se doit de réagir fermement.

Par compassion pour la victime qui souffre mais surtout pour l'acteur qui est perdu et ignorant.

Le principal reste de ne pas réagir à l’aversion et au désir et de sourire encore et encore à toutes les sensations.

 

---- En France, j'étais toujours sensible au sort des plus fragiles et particulièrement des sans abris et des mendiants. Ceux dont la vie n'est pas facile et qui souffrent de ces difficultés.

Je ne répondais pas au manipulateur psychopathe dans le métro mais je souriais aux mendiants du quartier.

J’avais peur de ressentir de la pitié pour eux. Je ne pouvais rester insensible et cela me perturbait réellement quand je croisais l’un d'eux. Mais, en réalité, c’est tout juste que je ne connaissais assez pas mes sentiments.

Le sentiment de compassion. Je ne pouvais le décrire car on ne nous l’apprend pas en France.

Je voulais leur offrir de l’amour. Alors parfois, j’offrais un fruit, un croissant. Mais ce dont je voulais vraiment; c’était leur offrir un sourire, une petite attention.

Je n’ai jamais pensée arriver avec mon thermos et mon gobelet et leur offrir un thé.

J’espère pouvoir faire ce geste un jour.

J’espère pouvoir leur apporter l’attention dont ils manquent un jour.

 

Il en est de même avec les enfants. Apporter un sourire à un enfant, épanouit celui ci, mais aussi ses parents.

Jouer avec eux également. Dans la même voie, leur compagnie m'épanouie aussi.

Je cogite alors dans mon esprit pour trouver comment rendre le monde plus beau autour de moi à nouveau, où je suis, maintenant.

 

Goenka a dit hier dans son discours que certains élèves n’arrivaient pas à dormir les dernières nuits. C’est exactement ce qui s’est passé pour moi hier. Il conseillait de ne pas réagir à cette sensation, juste d’observer, de ne pas porter attention à l’énervement et à la fatigue, aux heures qui tournent. Juste de se reposer l’esprit en observant et reposer le corps, en s’allongeant.

Même si on ne dort pas, la nuit doit servir à reposer l’esprit et le corps. Je m’apprêtais à le mettre à contribution cette nuit, vu la chaleur et la journée difficile d’hier. Mais… Incroyable..  Bizarrement, j’ai passé la plus belle de mes nuits.

Toutes mes sensations sont démultipliées.

Pour la première fois je me réveille avec la sensation de mettre bien reposée. Très bien reposée.

J’ai une sensation de bien être qui m’envahit.

 

Et, cette nuit, j’ai rêvé.

 

Je m’en souviens très bien, comme si j’y étais encore. Et j’ai ri. Ri, ri, ri, pendant mes songes. Je me suis réveillée dans la nuit, 2 fois en riant dans mon sommeil. C’est complètement dingue. Et ce matin au réveil la sensation de bonheur est toujours la. Je souris. Encore et encore. C’est magique...

 

Jour 9 :

 

Les heures passent et il est de plus en plus difficile de rester concentré.

L'arrivée de la fin impacte à peu près tout le monde du côté des filles. Heureusement, les garçons sont dans un autre jardin et on ne voit pas comment cela se passe pour eux. D’autant plus serait l’envie de communiquer en cas.

 

Alors, de notre côté; 

dans notre magnifique jardin,

nous nous suivons les unes derrière les autres,

à parcourir d’un pas lent tous les pavés des allées autour du bassin.

Nous exerçons une balade méditative autour du plan d’eau, les pensées dans le vide, sous le soleil chaud. Ce qui ne calmait que quelques une déconcentrées au début du séjour, a désormais touché tout le monde.

Alors les 4,5,6 jeunes femmes que nous sommes flânons au milieu de cette nature généreuse, sans voir les autres,

sans écouter la voix des chants de Goenka au loin qui nous invite à retourner dans la salle méditer sérieusement.

 

Ce dernier jour, je crois que la salle ne sera pas ma demeure.

Je n’en peux plus.

 

10 jours sont trop excessifs.

 

Il men aurait fallu 7 ou 8 maximum.

J’arrive au stade ou ma motivation s’est complètement envolée.

Alors; il ne me reste plus que le jardin pour me promener.

Demain la parole nous sera redonnée.

Un soulagement.

 

Et la dernière méditation achevée.

Une fierté.

 

 

 

 

 

L’enseignement du jour 9 est là pour nous apprendre à appliquer ces théories dans nos vies.

 

*L’Effort

*L’Equanimité -rester neutre

*Le fait de travailler l'égocentrisme, de se détacher de l’ego et de l'image que l'on veut que les autres aient de soi.

*La Tolérance : pourquoi générer de la négativité pour des personnes qui ne se rendent pas compte du dérangement qu’elles occasionnent,  pour des différences d’éducation, de culture..

*La Compassion et le fait de ne pas seulement souhaiter tout le bonheur du monde autour de soi mais d’offrir directement amour et joie.

*Le fait de positiver : de ne pas enfermer une négativité en nous, alors qu’on est à même de la refuser quand quelqu’un vient nous offrir une insulte en cadeau ou rigoler de la personne que l’on est,.  Ne pas promettre de s’en souvenir encore et encore, comme on le fait de façon idiote pour garder la force de se venger plus tard.

La négativité peut rester chez les autres. Ne pas donner l’occasion aux personnes mal intentionnées de nous faire du mal durant 1,2, 3 semaines/1,2,3 ans pour un petit épisode qui se serait passé dans nos vies et qu’on ressasse.

 

Il faut se détacher de cela pour ne plus avoir mal.

Il faut se détacher de l’image que l’on se fait des gens. Une personne qu’on estime peut changer en 10ans.

Elle peut nous devenir insupportable. Si on ne garde pas l’image des gens, il n’existe pas de déception.

Au contraire, quelqu’un pour qui l’affection est moins grande peut avoir changé avec le temps ! Ou bien, c’est notre opinion qui avait besoin de changer ! Alors cette fois, sans l’image du jugement passé, on peut rencontrer cette nouvelle personne.

 

Quand on fait face à la colère, on doit être à même de reconnaitre quand la respiration change, ou quand des sensations particulières surviennent, comme une chaleur ou une excitation, une transpiration.

Il faut observer les sensations. Sinon, il est impossible de se détacher d’une colère au moment venu. On ne fait que repenser à la cause et entretenir la colère.

Il ne faut pas non plus la mettre de côté en pensant à autre chose. Non, il faut analyser les sensations.

 

Toujours analyser, observer.

Jour 10 :

 

4h. Je me lève pour la dernière des dernières méditations.

Depuis 10 jours de pratique, je me suis habituée à ces horaires de folie.

Je suis beaucoup moins fatiguée, prête à profiter davantage de la première méditation du matin, à 4h30, à l’aube..

 

Hier, mes dernières méditations ont été très épanouissantes. Un joli cadeau pour ses dernières heures de travail où la concentration avait disparue. Aujourd’hui est un nouveau jour, je suis contente de retrouver le monde normal mais cela est aussi effrayant. Finalement je me sentais plutôt bien dans cette bulle parfaite de retraite hors du temps..

Il est 10h, après une matinée de méditation et de réflexion entre respiration, amour et compassion, les chants de Goenka s’arrêtent et le professeur disparait sans instruction.

Nous recommencerons tous par se regarder et un petit rire gêné apparait.

 

Et maintenant ? Qu’est ce que l'on fait ?

 

Nous prenons l'initiative de quitter la salle qui se vide elle, rapidement du côté des garçons, et passons la porte de la salle de méditation qui sera fermée à clé derrière nous. Plus possible de reculer.

L'assistante nous attends dehors avec le sourire, les mains à la poitrine pour le salut traditionnel et nous fait comprendre en langage des signes que nous pouvons enfin reprendre la parole. Les sourires s'affichent mais rien de vient. Petit à petit, l'une après l'autre nous venons nous asseoir sur les 4 bancs qui entourent le grand arbre du jardin, près du bassin; que l’on contemple toute, le regard dans le vide.

 

Le jardin est si grand et nous avons toute choisi d’être si proche. Le premier rapprochement humain et physique depuis 10 jours.

 

10 jours de vie avec une dizaine d’autres femmes dont on ne connait ni le nom, ni l’âge, ni la vie.

Et pourtant, à qui l'on ne s’empresse pas de parler pour en savoir plus. Oui, personne ne prend la parole. Nous restons là à contempler la nature, silencieuse, comme nous l’avons fait tous ces jours par discipline et qui s’est instauré à nous, désormais par habitude et par respect pour la paix des autres.

Et pourtant nous voudrions toute échanger quelque chose probablement. Mais la beauté de ce long moment ne doit pas changer.

Nous ne nous connaissons pas mais sommes tout d’un coup si complices, si proches, si paisible ensemble.

La beauté des langages universels.

Mon regard se perd sur le magnifique lotus jaune qui vient de réapparaitre après la pluie d’hier. Magnifique.

Après le repas dans un silence usuel, quelques bavardages commencent ici et la. Les garçons ne cessent de papoter entre eux. Pour les filles, cela prend plus de temps bizarrement. Puis les premiers échanges d'expérience commencent et c'est parti pour un débat de sensation. Chacun en ressort changé; complètement perturbé mais apaisé.

 

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Dans un cadre authentique, en plein nature, sous le chant des oiseaux et loin des agitations des villages, chacun reçu gratuitement (sans ne payer strictement rien pour la nourriture, le logement et encore moins pour l'enseignement) cette technique du bouddha dans le but de libérer l'esprit des tourments humains.

 

Apres avoir touchée moi aussi du bout des doigts un semblant de libération, d’avoir frôler l'épanouissement complet, et d'avoir le sourire aux lèvres et la paix au creux du ventre, je sais désormais comment mettre un terme à la folie humaine. Encore faut il s’y confronter.

 

Puisse cela convaincre certains d'essayer.

 

S'il vous plait essayez vous aussi...

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La technique fut aussi appliquée dans toutes les prisons des Indes,

d'après un reportage que les assistants nous font visionner.

Et si l'on faisait de même en France quand ressortirait-il ?

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Jour 11 :

 

Ce matin nous recevons nos dernières leçons.

Levés à 4h comme le veut la tradition, nous avons entamés nos premières heures de méditation et écoutés les derniers enseignements qui ont suivi. Quelques heures plus tard, après un dernier moment breakfast, succulent, le moment des « au revoir » a commencé. Mais comment quitter si précipitamment des gens que l’on vient à peine de rencontrer et avec qui on a vécu durant 10 jours complets une si grande expérience.

Le soir précédent, j’avais projeter de prendre un bus tôt le matin mais en me levant, je ne pu suivre cette décision. Je sentais qu’il n’était pas bon de quitter cet endroit ainsi, dans la précipitation d’un bus qui attend au coin de la rue.

 

Le soir du 10ème jour, la fin de l’aventure Vipassana, avait été magique. Complètement incroyable. Apres le dernier enseignement, l'ensemble des élevés avaient rejoint la chambre pour se coucher mais nous priment un tant soit peu plus de temps pour rejoindre les dortoirs et firent stopper par un orage naissant. A vrai dire, une tempête, une tempête où la nature reprend ses droits, où le vent, la grêle et le ciel se déchainent tel une magnifique fresque imaginaire peinte sur les murs d’un temple bouddhiste. Complètement fascinée par le ciel cisaillé d’éclairs de plus en plus permanents et stridents sur cette toile encore claire, je m’allongeais à même le sol au milieu du jardin, les yeux rivés sur ce magnifique moment surréel, le vent nous frôlant violemment, adoucissant l’air suffoquant de la journée. J'observais alors des éclairs par centaine, d’une durée infinie; d’une beauté clairvoyante. Ils découpaient le ciel d’une violente nuance de blanc pur et violet adoucis, sur le grondement extraordinairement proche du tonnerre. Aucun nuage n’avait encore recouvert le toit au dessus de nos têtes et chaque éclair pouvait être examiné avec une impressionnante netteté et finesse. A la façon d’un coup de pinceau donné au milieu de cette toile noirâtre qui commençait à se charger de nuages de coton mouillé, je m’acclamais, fascinée à chaque apparition.

 

Forte heureusement, je n'avais ni appareil photo, ni batterie et je pu profiter de ce spectacle imaginaire en temps réel, et non en redécouvrant les images plus tard comme j’ai coutume de le faire. Cette fois là, face à un tel spectacle, je décidais de faire confiance à ma mémoire et je me souviens encore de chaque image succincte gravée sur la toile de mon esprit.

Un épisode comme celui ci pour clôturer ces dernières heures de Vipassana ne peuvent s’oublier. Comme si Goenka ressurgissait de ses cendres pour nous mettre face au fait accomplit :

 

--- Chaque moment s’observe,

Chaque moment est donné pour être profité

Et disparaitre la seconde d’après. ---

 

Chaque éclair venait réveiller l’enthousiasme des nouvelles sensations d’épanouissement et de bonheur naturel que nous avions tout juste découvert durant ces 10 jours de méditation intense. Chaque sensation venait frapper mon corps et repartait à l’extinction suivante de cette foudre fantomatique.

Accompagnée de mes petites camarades; la parole et l'excitation de nouveau tolérées; je ne pouvait que m’épanouir de ce moment parfait.

 

C’est ainsi que ce matin en me réveillant, je senti au plus profond de moi que ce moment intense n’était pas terminé et que je ne devais surtout pas quitter cet endroit immaculé.

 

(...)

UNE JOURNEE DE PLUS SUR LES TERRES DE LUMBINI, pour un second tremblement de terre.

 

A la façon d’une intuition complètement surréaliste, je ne m’étais pas trompée sur la journée qui allait suivre..

Nous quittâmes donc le centre de Vipassana tôt le matin pour errer à travers les marécages apaisant de Lumbini et vagabonder de monastère en monastère, à la recherche de celui qui nous accueillerait pour la nuit suivante. Que d’infime beauté pour cet endroit sacré, ou le bouddha serait né.

Là encore, je n’ai aucune image pour vous le communiquer mais l’endroit fut si plaisant à contempler, à arpenter qu’il ne pourrait pas être décrit par quelques images approximatives. Cette marche spirituelle, après 10 jours de silence, au milieu d’une nature généreuse à souhait, ne devait pas être stoppée.

 

Qu’il est si dur de revenir à la réalité. Cette nature venait apposer le pansement doux de la réalité et nous préparer au monde extérieur plus agité et incertain.

 

Chaque pas était ressenti différemment et démultiplié. Je ne saurais comment l’expliquer…

Et cette opportunité de passer encore une nuit de plus dans l’atmosphère des monastères, telle une none qui jure donner sa vie à cette libération précieuse et au dur moment de repli sur soi, me soulageait. Nous retrouvâmes donc les dortoirs d’un monastère bouddhiste, goûtèrent à un nouveau repas local et prirent congé chacune de notre côté. Je ne me sentais pas vraiment de communiquer. Tant de chose s’était déjà passée que rien de plus ne pouvait être pour l’instant digéré. Je me refugiais donc dans la salle de repas, contemplant les livres amassés sur les étages des murs de béton. Chaque phrase lue, chaque illustration parcourue était comme une ressource précieuse après 10 jours sans visuel ni quelconque poème moderne à se mettre sous la dent.

 

Quand soudain, je fus tirée de ma concentration profonde par un nouveau tremblement de terre.

 

Bien que je ne me sois pas habituée à cela, je ressentais bien souvent tout de même, depuis le premier tremblement de terre à Pokhara, que la terre murmurait sous nos pieds.

Une fois particulièrement durant un repas mais ne voyant personne réagir, je faisais taire mes sensations. Puis le matin du tremblement de terre et le jour précèdent, le sol m’envoyait des petits mouvements qui me rendait folle. Je croyais devenir paranoïaque. Alors, lorsque plongée dans mes livres au coin d’une pièce du monastère, je senti ma chaise bougée, je ne prêtât pas vraiment attention à ce qui se passait. Puis voyant tout s’affoler autour de moi, les fenêtres vibrer, les murs gronder, les tables sursautées, je bondis de ma chaise, et couru au dehors.

 

Un nouveau tremblement de terre faisait rage, propulsant avec une certaine frayeur à nouveau tout le monde à l’extérieur. Cette fois, cette minute interminable de mouvement ininterrompu me renversa complètement moralement…

 

Vous ne pouvez imaginer le sentiment qui se dégagea de mes entrailles à cet instant précis. Comme un mauvais épisode qu’on nous force à revivre sous le poids de la torture avec la sensation d’être impuissant face à ce qui se passe.

Sentir la terre parler comme la toute première fois ne me rendit pas curieuse cette fois là. Je n’étais plus dans la découverte d’une terre rebelle; attentive à cette nouvelle découverte jamais expérimentée auparavant;  mais dans l’impossibilité de m’échapper d’un moment trop intense.

 

Après 10 jours complets de calme excessif (c’est le cas de le dire tant l’esprit prend refuge dans les murmures du silence physique moral et psychique de l’expérimentation de la méditation), je me senti projetée dans une attraction bruyante d’instabilité terrestre et mentale. Comme si après des années de silence; retranchée dans un monastère au fin fond des montagnes, vous propulsiez un moine au milieu de la folie sans limite d’une ville indienne en pleine journée.

 

Plus tôt auparavant, je ne voulais pas prêter attention au parole d’une sage connaissance qui m’avait évoqué la dureté que serait le prochain tremblement de terre que je vivrais après cette première expérience des semaines auparavant. Aujourd’hui je comprends ce qu’il en était.

Car même si cette expérience ci fut démultiplier par mon isolement du monde extérieur dût à ma retraite Vipassana ; je ne peux minimiser la perturbation mentale que je pris de plein fouet en pensant à ce petit pays du Népal, qui, à des centaines de kilomètres de la, entendait ces habitants crier de frayeur tout près du point central des premières secousses, au bruit des murs à nouveau vivants et des bâtiments s’écroulant.

 

— Je viens d’apprendre que celui ci fut encore des victimes de plus (au delà des premiers milliers de personnes qu’il emporta déjà avec lui dans les éboulements et avalanches du dernier en date) et vint perturber à nouveau les esprits de ce peuple Népalais, si généreusement souriant a la vie.

Que leurs esprits d'apaisent, que leurs cœurs reçoivent la paix dont ils ont besoin.

Puissiez-vous être heureux, puissiez vous recevoir amour et bonheur comme vous savez tant en donner. —


MAY ALL BE HAPPY

 

_____________

Divertissement bouddhiste.

 

Cet après midi là, pour apporter un peu d'amour et de paix à cette nouvelle journée de tremblement de terre, je partis avec une amie à la rencontre des peu de népalais qui roder dans les alentours, ne s’étant pas encore refugiés dans les foyers. La plupart des personnes que nous rencontrâmes cet après midi là furent des moines et des nones errant sur les routes sans fin des plaines marécageuses de Lumbini, mais pas seulement.

 

Si j’étais rassurée de fouler les terres sages de Lumbini pour ce nouveau mouvement terrestre, au milieu des dizaines de monastères et sages âmes qui les occupent, je ne pouvais imaginer que la compagnie des bouddhistes allait autant m’apaiser en ce dur passage dans le temps.

 

En effet, au cours de nos rencontres, ce fut sur un petit groupe de moine bouddhiste âgé de 10 ou 11 ans que nous arrêtâmes notre chemin. échangeant dans des éclats de rire communicatifs quelques propos népalais, ils profitaient de cet après midi de pause dans leur emploi du temps bien rodé, après avoir quittés l’école en milieu de journée du fait de l’insécurité du nouveau tremblement de terre.

 

Curieuses sur leur situation de moine en devenir, de leur frimousse si jeune, leur habit traditionnel de safran et leur crane rasé, nous partirent, indécises, à leur rencontre.

Avec la sagesse du bouddha, les premiers nous invitèrent à se joindre à eux dans la cour du petit bâtiment de fortune dans lequel ils résidaient.

Les suivant amusées, nous firent alors la rencontre des 30 autres enfants qui composaient ce centre de retraite improvisé; dont le futur monastère était tout juste à deux pas de là, en construction. Âge de 7 à 13 ans, ils étaient encadrés par un premier tuteur à peine plus vieux qu'eux, un autre jeune petit bouddha de 17ans, un enseignant de 35 ans - lui moine- et d’un guru (en voyage au Canada pour le moment) qui menait usuellement la danse.

 

Plus curieux que nous de voir débarquer deux étrangères, ils vinrent vite a notre rencontre nous assaillir des questions auxquels on s’attend en voyageant : D’où venez-vous ? Que faites-vous ? Quel est votre nom ? Votre religion ?

 

Mais cette fois là, j'avais quelque chose de nouveau à partager avec eux :

Notre apprentissage respectif tout frais sur le bouddha et sur le Dhamma.

 

J’en profitais donc pour en savoir plus sur leurs connaissances sur le sujet, leurs opinons, leurs origines.

Et c’est ainsi qu’une rencontre au détour d’un chemin se transforma en un après midi inoubliable d’amour et de partage, de jeux et de méditation surprenante, avec cette trentaine de jeune moines en devenir, à la recherche d’un temps de pause mérité pour les enfants, dans le fond, qu’ils restaient.

 

 

 

Pour les enfants que nous sommes et restons aussi,

quelques extraits d’enseignements pour les plus avertis :

 

 

L'heure de méditation – Pratiquer Vipassana

 

_Pour pratiquer Vipassana, observer bien les sensations par sensations, sans s’y attacher. (Partir des orteils des pieds puis minutes par minutes, remonter partie par partie sur le reste du corps, tout en analysant tout, sans rien oublier, même si certains organes ne génèrent pas rien. Chaque temps, chaque essai sera diffèrent et chaque partie deviendra de plus en plus sensible, offrant toujours plus de découverte.)

_Si l’esprit est perturbé, se lancer dans quelques minutes d’ Hannapana (observer la respiration. Une respiration naturelle, normale, légère, telle qu’elle se manifeste d’instant en instant, qu’elle soit courte, profonde, sortant de la narine gauche ou de la droite. Voir la réalité telle qu’elle est. Ne pas la forcer ou vouloir la changer. Maintenir l’attention sur une zone très petite pour aiguiser l’esprit lorsque la respiration vient et part. Utiliser le devant des narines.) 2 heures de méditation par jour sont conseillées. 1 h le matin, 1 h le soir si possible.

_5minutes au coucher, 5minutes au réveil de conscience éveillée. Et 5min par ci par là dans la journée. Sur un moment de vide; où méditer les yeux ouverts (les autres non pas besoin de savoir ce que l’on fait, il faut se tenir en société :) ou partager l’expérience de méditation avec d’autres pratiquants.

 

Dans Vipassana, toute imagination, verbalisation ou image est interdite. Il faut garder l'universalité.

Ne pas utiliser de nom de dieu, de nombre tel que 1,2,3,4 ou n'importe quel mot, qui nous ferait penser « entrer, sortir » et nous détournera de la réalité de la respiration.

Il faut toujours sentir et observer les sensations qui apparaissent et disparaissent.

 

Il faut souvent luter contre le sommeil et le doute pendant la méditation. Contre l’esprit qui tente de nous distraire pour ne pas évoluer et se satisfaire de ses dépendances actuelles.

 

Et ne pas tolérer de jugement, de désir ou d'aversion habituelle. Envers les objets : forme, couleurs, son, odeur, goût, sensation de toucher…

Ne pas tolérer l'attachement qu'on porte à ces objets : « ma sensation, ce que je ressens, ce que je, je, je,.. » : tout ce qui multiplie l’ego et les négativités. Tenter de ne pas céder à ces objets sensuels. Pour cela, Il faut donc supprimer les sensations qu’ils génèrent sur le corps pour purifier l’esprit à la racine, qu’elle soit agréable ou désagréable.

C’est impermanent, bon ou mauvais, donc cela va disparaitre dans un court moment. Il est donc inutile de s’y attacher. L’idée est d’avoir la sagesse de se dire : cela reste impermanent.

 

Metha. Puisse la paix vous atteindre.

 

 

 

 

 

-- PRATIQUER VIPASSANA AU QUOTIDIEN --

 

Pratiquer deux fois par jour, une le matin, au réveil, une le soir au coucher, la méthode Vipassana, durant 1heure chacune et examiner les bienfaits sur votre journée. Commencer par examiner la respiration. Une fois votre esprit calme et détendu, commencer à parcourir partie par partie, votre corps à l'écoute des sensations, dans l'équanimité la plus totale. Puis finissez par un vent d'amour et de compassion autour de vous.

Puis suivre la méthode de méditation - Amour et compassion – visualiser l’amour, sentez ce sentiment vous parcourir, soit par le souvenir de vos proches (votre mère), soit par le ressenti d’un moment de compassion sincère, puis enivrez vous de cet état et une fois complètement nourri par ce parfait sentiment, propulsez le au dehors de votre corps pour l’offrir autour de vous.

PORTEUR DE SONGE | AURELIE STAPF

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